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Une série d'articles va mettre en avant les déplacements qui s’opèrent dans ma conception des métiers d’enseignant et de chef d’établissement vers celle de formateur. Ce changement s’est effectué par ma propre formation et par mes premières expériences dans la formation d’adultes. J’exposerai cette évolution à l’aide du référentiel des compétences de formateur.

 Cette partie va exposer mon nouveau positionnement personnel et professionnel. Je fais référence à la construction de se sens (famille S du référentiel), avec en premier lieu le développement des champs personnel et professionnel (famille S.3). J’ai découvert le fait de s’interroger sur la relation à soi-même en vue de mieux comprendre et activer sa relation aux autres et au monde (S.3.5). La conséquence de cela est une première prise de conscience de ce que je dis et de ce que je fais. Dorénavant, tout en parlant et agissant, je tente d’évaluer et d’anticiper ce que peut produire mes paroles et mes actions sur l’autre.

Pour m’aider à cette nouvelle prise de conscience, l’écrit est pour moi un outil efficace. Je fais l’expérience d’une rencontre avec moi-même. J’ai appris à être à mon écoute. J’ai appris à ne plus ignorer ce qui se passe en moi, en prenant conscience de mes véritables émotions et de mes sentiments. J’ai gagné à être plus sincère avec moi-même, et j’ai appris à me respecter.

Découle de cette attitude une question essentielle vis à vis de l'autre : celle de l'éthique. C’est un concept que j’ai redécouvert en formation de formateur. Je définirai l’éthique de la manière suivante : dans la relation à l’autre, à un moment donné, dans une situation singulière, quelles sont mes intentions qui accompagnent mes actes et mes mots lorsque je me retrouve dans une position dominante ? Ainsi je me dois de réfléchir au message que je veux faire passer, en ayant conscience de mon projet et de vérifier mes objectifs vis-à-vis de l’autre. Dorénavant, dans toute action de formation avec des adultes, cette éthique sera présente.

En effet, j’ai appris qu’un formateur peut emmener son groupe, dans des chemins qui semblent sans risque pour le participant alors qu’en réalité il s’y cache des dangers. Le formateur peut être alors « un élément de mort » (E. Enriquez). Pour y remédier, il est indispensable de développer la compétence suivante: « activer mon questionnement éthique à propos de la finalité du savoir et des questions humaines (S.3.4) ». Ainsi le formateur se doit d’être un élément de vie, il est un «sujet responsable force de proposition et porteur d’avenir ». En effet, au cours de mes premières actions de formation, une interrogation est survenue : quelles valeurs je transmets par mon message ? Quels types de théories j'utilise pour justifier mes propos ? J’ai mesuré la responsabilité que j’avais en prenant conscience des attentes de réponses des participants. Dans le cadre de formation d’adultes, les enjeux sont différents de ceux d’une classe. Les conséquences me semblent plus importantes car elles ne touchent pas les mêmes domaines. En classe, nous sommes sur des connaissances et des compétences. Dans le travail avec les adultes, nous touchons à des valeurs qui sont bien implantées. Mettre les miennes en avant est, pour moi, nouveau.  

Si je découvre le fait d’exposer au grand jour mes convictions, j’ai appris à accepter que l’autre pouvait en avoir de différentes. Le formateur se doit d’accompagner l’enseignant dans sa réflexion là où il se trouve.   Le formateur n’est pas celui qui sait mais celui qui permet la mise en route d’une évolution personnelle et professionnelle.

 

Tag(s) : #FORMER : quelle compétence !