C’est un concept fondamental que j’ai découvert en formation de formateur.  Nous trouvons une définition de l’Ethique dans le dialogue entre le philosophe Paul Ricoeur et le psychiatre Yves Pélicier (« L’Ethique, entre le Mal et le Pire »). Ils la définissent dans un contexte médical à travers la relation entre le patient et son médecin. L’Ethique renvoie à des situations est « asymétriques », où il y a rapport de « puissance ». L’Ethique est le « souhait de vivre bien, avec, et pour les autres ». Sylvette Ego (formatrice à l’IFP de Lille) donne également une définition de l’éthique : elle la « distingue de la morale en ce qu’elle ne fournit pas ensemble de normes communément acceptées mais pose le cadre d’un questionnement à chaque fois personnel ».

 

            Devenir formateur appelle un questionnement permanent. Dans le référentiel métier il est préciser d’« activer un questionnement éthique à propos de la finalité du savoir et des actions humaines, en vue de se positionner comme sujet responsable force de proposition et porteur d’avenir » (S.3.4).  Les questions pourraient être : quelles sont mes intentions à l’encontre de l’autre ? Qu’est-ce que je cherche à obtenir à ce moment précis avec cette personne ? Quel est mon objectif dans cette relation à l’autre ? Dans quel type de relation je souhaite entrer ? Il est essentiel de m’interroger pour connaître les conséquences de mes actes et de mes paroles.

           

Ce questionnement m’apparaît maintenant essentiel dans les relations que j’entretiens avec l’autre, non seulement dans mon rôle de formateur mais également dans celui de chef d’établissement et d’enseignant. Quels sont mes projets réels vis-à-vis du professeur, du membre du personnel, du parent ou de l’enfant ? Est-ce que je souhaite le « bien vivre » avec l’autre et pour l’autre ? Quels sont mes sentiments réels ? Comme le suggère P. Ricoeur, « derrière le sentiment, l’émotion brute, [il faut] retrouver la force argumentative enfouie dans les sentiments. ». Par cette idée, je reste en vigilance sur les raisons de choisir une voie plutôt qu’une autre. De fait, je mesure l’importance de la prise de conscience de cette attitude volontaire en repérant les enjeux pour chacun dans la relation.

 

 Cet enjeu m’apparaît encore plus fort dans la formation. En effet, comme le souligne E.Enriquez, il faut être vigilant pour ne pas devenir « un élément de mort au lieu d’un élément de vie ». Et il nous donne un axe de travail comme une sauvegarde : le « lot [du formateur], c’est le travail continu sur lui-même et avec les autres, rien de plus, rien de moins ». Ce travail peut se faire en étant en conscience avec soi-même et avec les autres, notamment par des apports théoriques et surtout par les formations à suivre à travers les analyses de pratiques, entre autre.  

 

 

 

 

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