J'entends dire qu'il est difficile d'accueillir tous les élèves. Comment faire pour pour qu'ils acquièrent le "fameux" programme ? Ne seraient-ils pas mieux en CLIS ? C'est du travail supplémentaire ! Et je ne sais pas faire de différenciation ! A quoi ça sert ? J'ai besoin de plus de temps !  

Mais je pense que pour faciliter cette accueil, il faut d'abord questionner sur ce que renvoie ces élèves aux besoins éducatifs particuliers. Je m'appuierai sur les travaux de S.Freud et de J.Lacan à travers un article de Marta Souto *.

L'élève est le miroir de l'enseignant. Il se voit à travers lui. Si un élève est en réussite, l'enseignant s'attribut le fait d'être un bon professeur, renforçant son narcissisme. Mais si un élève est en échec, l'enseignant peut se sentir en échec. D'où l'insupportable vision d'un élève qui ne fonctionne pas comme les autres et qui n'avance pas comme l'enseignant l'a prévu, réveillant une blessure du "soi professionnel". 

Aussi, avant de questionner les pratiques pédagogiques, je pense qu'il est souhaitable de travailler avec soi-même : prendre conscience de son attitude, de son émotion et de l'imaginaire que cela renvoie. Et cette prise de conscience peut amener à changer et ainsi modifier son rôle en classe.  

Je reprendrais la conclusion d'Eugène Enriquez (sur les différents profils de formateurs existants) qui préconise un travail avec soi-même car "toute situation de formation est une situation dangereuse où la bonne volonté se heurte constamment à un désir d'être le maître, maître à penser". 

 

* "L'espace de formation clinique" (dans Recherche et Formation, n°63-2010)

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