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          Lorsque j’ai eu mes premières commandes de formation, je me suis interrogé rapidement sur le sens de celles-ci. Je fais référence ici aux demandes venant d’établissement dont le projet et les valeurs ne seraient pas explicites. Car une formation cherche à réaliser des déplacements chez les personnes. Mais au nom de qui et de quoi ? Et comment ?

 

            Tout d’abord, le fait de travailler dans une institution catholique permet de poser un cadre réglementaire. Nous travaillons dans une organisation régie par les lois de la République et de l’Eglise. Ces textes s’accompagnent d’un projet pastoral et éducatif. Il y est indiqué des finalités précises sur la vision de l’Homme, ainsi que dans son développement et son avenir. S’il y a évolution de la personne et de ses pratiques par la formation, c’est au nom des lois de l’Etat et des principes de l’Enseignement Catholique. S’il y a déplacement, suite à un besoin repéré par l’institution, il va dans le sens du développement positif de la personne.

 

            Cette finalité de la formation est confirmée par P. Perrenoud. Il précise que les formateurs travaillent sur les transformations de la personne, dans le registre de l’identité, du développement de soi, de la posture réflexive et de la construction de compétences. Le but ultime de la formation est de préparer les membres d’une organisation aux changements qu’ils doivent affronter. D.Anzieu affirme que former consiste à changer les connaissances et les attitudes. Pour se faire, les formateurs doivent répondre à une exigence professionnelle : ils « sont censés avoir une vue plus pointue de leur propres compétences ».

 

            Il reste la question sur la manière de former qui est sûrement aussi importante que le fond. D’ailleurs, P. Perrenoud interpelle la formation en affirmant qu’« il y a un manque criant d’harmonisation entre le discours tenu sur les programmes et la formation des enseignants ». Il fait référence au socle commun. Il propose un nouveau sens à la formation : « La révolution des compétences ne se produira que, si durant leur formation professionnelle, les futurs enseignants en font personnellement l’expérience ». Il dit que le fond et la forme de la formation doivent se tenir. Si l’on veut faire passer un concept, il faut permettre aux professeurs de vivre celui-ci, afin qu’ils en tirent les effets et les conclusions.

 

            Mais ces changements professionnels touchent d’autres domaines plus profonds. Cauterman confirme en disant que chaque modification de pratique est aussi un changement de valeurs, ou d’appréciation de ces valeurs. Nous pouvons associer aussi les convictions et l’identité professionnelle. Dans ma pratique, je dois en avoir conscience pour mesurer les enjeux dans ma préparation par des recherches approfondies sur le concept abordé et ses conséquences. J’appelle cet aspect la face invisible de la formation, pourtant omniprésente, et essentiel à anticiper.

Tag(s) : #FORMER : quelle compétence !