Je souhaiterai illustrer, par un exemple de ma vie professionnelle, l'utilisation de ce concept d'Yves Clot (avec ma compréhension actuelle).

A l'école, j'ai été informé que l'évier de la cuisine était bouché, retardant le lavage de la vaisselle. Après avoir constaté le fait, j'appelle immédiatement le plombier, imaginant que le bouchon était loin et profond dans la tuyauterie. 

Je reviens en cuisine (plutôt fier !) pour prévenir les personnes de la venue du plombier. Or en arrivant sur les lieux, j'ai pu constater que l'évier était débouché !! Que s'était-il passé ? 

Je découvris l'opération qui provoquait ce bouchon. En effet, le personnel rinçait les assiettes dans l'évier avant de les mettre dans le lave-vaisselle. Or en faisant ce geste, les aliments s'accumulaient dans le fond du bac. 

Dans mon attitude, j'avais déjà analyser la situation selon mon regard. J'avais une solution sans connaître vraiment la situation. Dans l'approche par l'activité, il faut arriver en sachant qu'on ne sait pas. Un des postulat de la clinique de l'activité est bien "la conquête de l'ignorance"

Pour faire l'analyse de cette situation, il aurait fallu revenir sur cette action pour savoir ce qui pousse à cette pratique. Il est nécessaire  de prendre le temps de faire expliquer la situation avant de la comprendre.  Dans la clinique de l'activité, il est essentiel de différencier l'activité réalisée (ce que l'on voit) et le réel de l'activité (ce qu'on ne voit pas). Pour connaître ce réel, il faut permettre la parole, sans jugement et en rendant énigmatique ce qui est fait. Quel sens donne les personnes à leur action ? Serait-il possible de faire autrement ? Qu'est-ce qui pourrait l'empêcher ? 

Si j'avais appliquer cette démarche, j'aurai pu économiser le déplacement d'un plombier !! 




Retour à l'accueil